Histoire
De grands fachs resplend la cioutat de Marseilles (1257), Massilia civitas (1675), Massiliam vere victor civesque tuere (1691), Actibus immensis urbs fulget Massiliensis (La Ville de Marseille resplendit par ses hauts faits) (depuis 1691), Fama volat (1704), Illustrat quos summa fides (1705), Eximia civitas (1816)[réf. nécessaire].
Toponymie
Du grec Massalia (situer l'accent tonique sur le i conformément à la langue grecque), a été fondée par des marins venus de Phocée, Phokaia en grec. Cette racine est toujours associée à la ville de Marseille.
Cependant, plusieurs hypothèses[2] sont fournies sur le premier nom de Marseille. La première concerne l'opinion courante qui donne Mas-Salia, la résidence des Saliens. Or, si le premier mot est provençal, le second est latin. Aussi, certains ont penché pour le grec Mασσα (Massa). En effet, les Phocéens avaient pour habitude d'apporter d'Asie Mineure le nom de Massa à des villes, à des châteaux, rivières, etc. On trouve par exemple plus de trente Massa en Italie ; sachant que les mots Mαζα ou Mασα signifient en latin Libum, offrande de gâteaux sacrés. Quant à la finale λεις , il s'agit d'un formatif des adjectifs, les Marseillais étant des sacrificateurs ; la ville, celle des sacrifices.
Massalia devint ensuite Massilia à l'époque romaine puis en occitan provençal: Marselha [maʀˈsejɔ/maʀˈsijɔ] selon la norme classique ou Marsiho [maʀˈsijɔ] selon la norme mistralienne. On appelle la ville Marsiglia en italien, Marsella en catalan et en espagnol, Marselha en portugais, Marseilles ou Marseille en anglais, Massilien autrefois en allemand (mais Marseille en allemand actuel).
La Marseillaise
La ville accueille la Révolution avec enthousiasme, élit Mirabeau comme représentant aux États généraux (mais celui-ci optera pour Aix-en-Provence, qui l'a également désigné).
En 1792, Rouget de Lisle, jeune officier du Génie, a composé à Strasbourg le « Chant de guerre de l'Armée du Rhin ». Cet hymne, qui a été édité, est parvenu à Marseille. La ville, envoyant à Paris 500 volontaires, leur offre un banquet, au cours duquel quelqu'un chante l'œuvre venue d'Alsace. Elle soulève l'enthousiasme et les assistants la reprennent en chœur. Quand ils défilent dans les rues de Paris leurs voix chaudes de Méridionaux, qui lancent à toute volée les strophes enflammées, électrisent la foule. Le nouvel hymne trouve aussitôt son nom : c'est « la Marseillaise ».
Marseille, ville grecque
Sa fondation, qui remonte à 600 avant J.-C., est le fait de Grecs venus de Phocée (ville aujourd'hui disparue située en Asie mineure). La ville fut créée par les Phocéens, qui vinrent la peupler approximativement un siècle après sa création, fuyant les invasions perses en 546 av. J.-C.. Les conditions exactes de la fondation de la ville font défaut à l'histoire de la ville, on ne retient aujourd'hui qu'une légende peu précise. Le territoire aurait été occupé par une tribu, les Nams, qui se seraient implantés vers le village actuel d'Allauch. Le jour de l'arrivée des Grecs, le chef des Nams organisa un repas pendant lequel sa fille Gyptis eut à choisir son époux en lui tendant une coupe. Les Grecs furent invités à se joindre au banquet et le jeune chef de ceux-ci, Protis, fut choisi, scellant ainsi la fondation d'une nouvelle cité qu'il érigea sur les bords de la corne du Lacydon, le petit fleuve qui débouchait au nord-est du Vieux Port. Marseille est donc née d´une histoire d´amour.
Les Phocéens se sont rapidement implantés et ont construit une cité résolument tournée vers la mer et le commerce. Ainsi, tout au long de la longue histoire de Marseille, c'est le commerce (et les commerçants) qui décident du sort de la ville : guerres, paix et alliances. La légende de la rencontre et de l'alliance entre le marin Protis (Phocéen) et de la belle Gyptis (Ligure) établit fermement sa tradition de ville commerciale.
En effet, la prospérité et le malheur de la ville sont liés à son port. Pendant longtemps, le puissant empire romain a laissé une relative autonomie au sein de la Gaule narbonnaise à cette cité grecque qui fut réputée pour son enseignement. Exemple de cette prospérité, Marseille fut la première ville de France à disposer d'un système d'égouts. La ville était gouvernée par un directoire de 15 "premiers" choisis parmi 600 sénateurs (Strabon, 4,1,5). Trois d’entre eux avaient la prééminence et l’essentiel du pouvoir exécutif. Cliente de Pompée et de Jules César, elle refuse de prendre parti entre les deux en -49, tout en accueillant les émissaires de Pompée. Assiégée par trois légions pendant deux mois par César puis par son légat Trebonius, elle est enfin prise (Bellum Civile, livre I, 34-36, etc.). Les Romains la rattachèrent à la Narbonnaise. À la chute de l'empire au Ve siècle, la baisse du commerce entre les différentes rives de la Méditerranée lui fut fatale.
La ville médiévale
Autre malheur, la grande peste pénétra en Europe par le port phocéen en 1347.
Le 15 décembre 1437, le comte de Provence René d'Anjou, qui a succédé à son père Louis II d'Anjou, comme roi de Sicile et duc d’Anjou, arrive à Marseille, et favorise par des privilèges le relèvement de la ville, qu'il considère comme une base maritime stratégique pour reconquérir son royaume de Sicile.
Les Marseillais, en contrepartie, se chargent de la reconstruction des remparts. Le roi René, qui souhaite équiper l'entrée du port d'une solide défense, décide de faire construire sur les ruines de l’ancienne tour Maubert, une nouvelle tour plus importante. Jean Pardo, ingénieur, en conçoit les plans et Jehan Robert, maçon de Tarascon, exécute les travaux. Cette construction s’échelonne de 1447 à 1453. Le Roi fait édifier les fondations du piédestal, puis les travaux sont suspendus faute de crédits et c’est finalement grâce à l’aide des habitants de Marseille et notamment de la corporation des pêcheurs qu’ils peuvent reprendre.
En 1524, les Français défendent la ville assiégée par l'armée du Saint-Empire Romain.
Marseille, port des colonies
Plan de Marseille en 1720En 1773, Jean-Baptiste Grosson, notaire royal et homme cultivé, qui s'intéressa beaucoup à l'histoire de sa ville natale, et publia de 1770 à 1791 l' Almanach historique de Marseille, fit paraître un ouvrage intitulé « Recueil des antiquités et des monuments marseillais qui peuvent intéresser l’histoire et les arts », qui fit longtemps référence pour l'histoire des monuments de la ville de Marseille.
Le XIXe siècle, avec son cortège d'innovations industrielles et les conquêtes de la France dès 1830, stimula le commerce maritime et la prospérité de la ville. Marseille célébra cette richesse à travers les expositions coloniales de 1906 et 1922 qui connurent un vif succès. L'arrivée de plusieurs centaines de milliers de rapatriés d'Algérie traumatisés en 1962 marqua l'esprit de la ville.
Marseille l'insoumise
Ce caractère turbulent apparaît de manière récurrente dans l'histoire de la ville. La topographie et le caractère marin des phocéens fit que les Romains n'eurent jamais le contrôle des Marseillais grâce à leur indépendance commerciale. Aussi, les Romains érigèrent-ils la ville d'Aix-en-Provence pour contrebalancer le pouvoir de cette ville>[réf. nécessaire]. Cette rivalité Aix/Marseille trouva plusieurs échos dans l'histoire des deux villes, notamment lors du retrait du pouvoir épiscopal de Marseille. Cette rivalité est encore palpable de nos jours.
1209 : Excommunication d'Hugues Fer. La ville est "interdite" par le légat du pape.
1216 : Les habitants de la basse ville entrent en révolte contre l'évêque.
1218 : Nouvelle « interdiction » de la ville. Excommunication de ses habitants.
1229 : La ville basse, après une nouvelle révolte contre l'évêque est "interdite" et excommuniée. Elle reconnaît la suzeraineté de Raymond VII de Toulouse. Elle refuse celle de Raimond Bérenger V.
1252 : Premiers accords de paix entre Charles d'Anjou et Marseille, qui s'est soumise.
L'indépendance économique et politique de Marseille par rapport à la France perdura jusqu'à la fin du XVe siècle.
Trente années après son rattachement au royaume de France, François Ier rendit une visite à la ville, attiré par la curiosité de voir un rhinocéros. Cet animal était un cadeau du roi du Portugal Emmanuel Ier au pape Léon X, le navire ayant fait naufrage, on échoua la bête sur l'île d'If. François Ier profita de cette visite pour se rendre compte de la situation géographique de la ville et érigea deux fortifications pour "protéger" la cité. Il fit ainsi bâtir le château d'If et un fortin sur les pierres d'un ermitage, Notre-Dame de la Garde.
La calanque de Sormiou
Cette protection de la ville n'était qu'un prétexte pour la surveiller ; en effet, aucune pièce d'artillerie ne pouvait, depuis le château d'If, atteindre des navires voulant assiéger la ville.
Il faut attendre la Révolution française et l'uniformisation du territoire français (langue, monnaie, droit) pour que Marseille perde cette spécificité qu'elle a toujours tenté de conserver. Ce n'est sans doute pas pour rien que le chant révolutionnaire de Rouget de Lisle plut aux Marseillais et fut appelé la Marseillaise. Pendant la Convention, l'esprit contestataire de la ville lui fit perdre son nom : elle fut rebaptisée, pendant 4 semaines, « La Ville-sans-nom » ! Lyon connut le même sort.
Durant le douloureux soulèvement de la commune de Paris, la ville connut aussi son insurrection mais celle-ci fut de courte durée. En 1938, Marseille connut le terrible incendie du magasin les Nouvelles Galeries qui ravagea quelques immeubles sur la Canebière.
Vieux port de Marseille et bateau de pêchevue depuis le dernier étage de l'Hôtel-Dieu de Marseille
Face à l'indiscipline des Marseillais et l'incapacité des pompiers à faire régner l'ordre pour procéder aux secours, Édouard Daladier qui était présent pour un congrès déclara :
« N'y a-t-il donc personne pour faire régner l'ordre dans cette ville ! »
Ainsi, Marseille fut mise sous tutelle et dotée d'un administrateur extraordinaire.
Cette image arriva jusqu'à Berlin, où Adolf Hitler avait comme projet de raser la ville, symbole pour lui de tout ce qu'il détestait : population et culture cosmopolites. Et plusieurs quartiers furent rasés, dont le Panier, au Nord du Vieux-Port, avant que les forces débarquées en Provence ne libèrent la ville en 1944. Marseille fut aux côtés de Paris et de Lille pour se soulever contre l'occupant.
Marseille cosmopolite
Marseille a toujours été le « carrefour du monde ». A la fin du XVIIIème siècle, la moitié de la population n’était pas d’origine marseillaise : parmi les principaux groupes d’étrangers se trouvaient les Italiens (Génois ou Piémontais pour la majorité) ainsi que des Espagnols, Grecs ou Levantins.
La cité phocéenne a accueilli plusieurs groupes nationaux durant le seul XXème siècle : Italiens pauvres et Grecs à partir de la fin du XIXème siècle, Russes émigrés en 1917, Arméniens en 1915 et 1923, Espagnols après 1936, Maghrébins depuis l’Entre-deux-guerres, Africains après 1945, Pieds-Noirs après 1962.
Marseille est la première ville corse de France, la seconde ville arménienne et compte environ 150 000 musulmans, 80 000 israëlites, 50 000 protestants et plus de 10 000 bouddhistes .
Pour commémorer les 2.600 ans de la ville. Toutes les composantes du cosmopolitisme local étaient réunies : 6.000 artistes de toutes les origines, affirmant leur fierté d’être Marseillais, proposèrent des spectacles aussi divers que des danses orientales, hip-hop, rap, chants provençaux, techno, percussions africaines, polyphonies corses ou variété française. Son succès fut rendu possible grâce à une forte mobilisation d’artistes, instituteurs, employés de mairie, tous bénévoles.
Les jeunes dans les quartiers, se rencontrent, vivent et agissent ensemble se retrouvent une fois l'an à la Fiesta des suds (4 concerts par soir, 25 000 m2 de musique, de fête, 2 salles de concerts) ils sont "fiers d'être marseillais" et d'aimer l'OM malgré ses vicissitudes.
Toutefois le Front national obtient régulièrement à Marseille un nombre record de voix à toutes les élections.
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Géographie
La ville, deuxième de France selon l'INSEE (intramuros et agglomération) mais troisième après Lyon en ce qui concerne l'aire urbaine, est surtout la plus ancienne ville de France et une des plus vieilles d'Europe. Son territoire historique forme une sorte d'amphithéâtre, enserré par la mer à l'ouest, par des montagnes (les calanques) au sud avec Marseilleveyre, par la Côte bleue au nord avec l'Estaque (immortalisé par le peintre Cézanne) et par les chaînes de l'Étoile et du Garlaban au nord-est.
Près de la moitié de la superficie communale est en territoire naturel inconstructible et la ville s'étale sur un territoire extrêmement vaste, quatrième commune de la France métropolitaine par sa superficie. Ainsi sa densité (3 318 habitants au km2) est-elle largement inférieure à des villes entièrement urbanisées telles que Lyon (9 305 h/km2) ou Paris (20 164 h/km2) mais comparable à celle de Toulouse (3 300 h/km2) . De par sa taille, Marseille est 2,5 fois plus grande que Paris, ou encore cinq fois plus grande que Lyon. Il faut par exemple parcourir pas moins de 21 kilomètres pour rallier Callelongue, depuis l'Estaque. Dans le sens Nord/Sud, la ville s'étend sur 14 kilomètres, entre Notre Dame Limite et le Vieux port.
Marseille est une des rares villes qui n'ait pas de banlieues à proprement parler, ces dernières sont en fait parties intégrantes de la ville (Quartiers nord : 13ème, 14ème, 15ème et 16ème arrondissements).
Plans et vues satellite : 43° 17’ 51’’ N, 5° 22’ 38’’ E
Des transports rendus difficiles par la topographie et l'urbanisme
Une telle immensité a rendu difficile le développement des transports. Marseille est la seule ville de France de plus de 200.000 habitants à ne pas être dotée d'un périphérique urbain. Ceci se traduit par une traversée de la ville obligatoire pour tous ceux qui longent la côte.
Paradoxalement, Marseille est traversée par trois autoroutes qui déversent un flot continu de voitures en plein centre ville. Les autoroutes en question sont l'A50 (Autoroute Est) qui rejoint Aubagne et Toulon, l'A55 (Autoroute du Littoral) qui joint la zone de Vitrolles, les installations industrielles de l'étang de Berre et Fos-sur-Mer et l'aéroport à Marignane et l'A7 (Autoroute Nord) qui dessert Aix-en-Provence et Lyon. Le tunnel Prado-Carénage, ancien tunnel ferroviaire reconverti en 1993 en tunnel routier à péage, relie l'extrémité de l'A50 au Vieux Port, tout près de la sortie de l'A55. La Rocade L2, dont la livraison ne cesse d'être repoussée, achèvera en fait une sorte d'intraphérique d'une totalité de 35 km. Elle devrait, à terme, permettre de désengorger le centre ville en rendant possible un contournement par l'est.
Outre les contraintes géographiques, l'urbanisme sur un tissu urbain marqué par la sédimentation de l'histoire rend tous les transports difficiles.
La ville s'est développée autour de l'ancien port grec devenu « Le Vieux-Port », notamment au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, période pendant laquelle, elle a connu un développement important, stimulé par la croissance du commerce vers le nouvel empire colonial français : l'Algérie, le Levant et l'Extrême Orient. Le franchissement de l'obstacle naturel qu'est le port avait été résolu par la mise en place d'un pont transbordeur en 1905, malheureusement dynamité par les allemands en 1944. le franchissement du port a été rétabli par la mise en place dans les années soixante-dix de tunnels sous-marins.
La rue de la République est un exemple de cet urbanisme du second Empire avec son allure haussmannienne. Tournée vers la mer, la ville a longtemps « ignoré » l'arrière-pays provençal dont la seule voie de communication a longtemps été la vallée de l'Huveaune, vers [[Aubagne)). L'activité portuaire s'est déplacée progressivement vers le littoral nord de la ville, puis vers le site de Fos-sur-Mer aménagé dans les années 1960.
La circulation (quel que soit le mode de transport) est très difficile en centre ville.
Les transports publics sont gérés par une régie municipale la Régie des Transports de Marseille (RTM). Le réseau est articulé autour de :
un réseau de bus comprenant 78 lignes,
deux lignes de métro, en partie souterraines, d'une longueur totale de 19 km (le Métro de Marseille est un métro sur pneus dérivé de la technologie mise au point par la RATP et mis en service à partir de 1977), et
un réseau de tramway de 16 km comportant trois lignes (Noailles - Les Caillols, Bougainville - Castellane et La Blancarde - Euroméditerranée) et qui devrait être inauguré à la fin de 2007.
D'un point de vue pratique, quand on circule régulièrement à Marseille, on constate que, malheureusement, c'est souvent le plus fort qui a la priorité.
Un climat méditerranéen exceptionnel
Marseille bénéficie d'une durée exceptionnelle d'ensoleillement, avec près de 2 900 heures de soleil par an et une moyenne d'à peine 100 jours de pluie (moins de 600mm d'eau par an), en partie grâce au mistral qui souffle 90 jours par an et donne au ciel une pureté et une lumière vive caractéristique.
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